Emmanuel Kundé est né en 1956 et il n’était pas juste un joueur de foot ordinaire. C’était un vrai leader, toujours calme et posé, et sa simple présence rassurait ses coéquipiers tout en intimidant les autres équipes. Il a commencé à jouer dans des clubs comme Mbankomo et la Tempête de Nanga-Eboko, mais c’est au Canon Sportif de Yaoundé, entre 1977 et 1987, qu’il a vraiment brillé et est devenu une star.

Son palmarès est impressionnant : il a remporté six championnats du Cameroun, quatre Coupes du Cameroun, deux Coupes d’Afrique des clubs champions en 1978 et 1980, et une Coupe des vainqueurs de coupe en 1979. Avec le Canon, il n’a pas seulement gagné des trophées, il a marqué l’histoire du football camerounais.
En jouant pour l’équipe nationale entre 1979 et 1992, il a participé à 127 matchs et marqué 15 buts, ce qui est incroyable pour un défenseur. Il a été un des héros des victoires en Coupe d’Afrique des Nations en 1984 et 1988. En 1988, avec son calme habituel, il a marqué le penalty décisif lors de la finale contre le Nigeria, offrant au Cameroun son deuxième titre continental.
Mais c’est surtout lors de la Coupe du Monde 1990 que tout le monde a découvert le vrai capitaine qu’était Emmanuel Kundé. Lors du match contre l’Angleterre en quart de finale, il a encore marqué un penalty important, permettant aux Lions de Indomptables d’égaliser. Même si le Cameroun a perdu 2-3, Kundé est devenu une légende.
Après avoir arrêté de jouer, Kundé n’a pas quitté le monde du football. Il est devenu entraîneur et a d’abord aidé le Canon à éviter la relégation avant de les mener à des compétitions internationales. Ensuite, il est parti au Gabon, où il a laissé sa marque avec l’US Bitam.
Son temps en tant que directeur technique a aussi été très important :

Sous sa direction, le club a réalisé un exploit incroyable : en 2003, il a remporté à la fois la Coupe et le Championnat, un fait jamais vu auparavant ! Il est revenu plusieurs fois, toujours prêt à relever les défis, semblant calme à l’extérieur, mais étant un vrai stratège à l’intérieur. Grâce à lui, Bitam a atteint la Ligue des champions et la Coupe UNIFFAC, et en 2010, il a encore réussi un doublé, prouvant ainsi son talent.
Son temps en tant que directeur technique a aussi été très important : les bases qu’il a posées continueront à porter leurs fruits même après son départ.
Un grand homme nous a quittés. Le Cameroun a perdu une légende. Rigobert Song, une autre star du football, a dit des mots touchants : « Un grand leader, calme et serein, un vrai capitaine… ce baobab, un champion exceptionnel. » En effet, Kundé n’était pas du genre à parler beaucoup, mais il agissait avec force. C’était une personne noble et droite, dont le calme était une grande force, inspirant tous ceux qui l’entouraient.
Son parcours, de Mbankomo aux plus grands stades du monde, montre sa détermination et sa grandeur. Emmanuel Kundé n’a jamais cherché à être sous les projecteurs, mais il a attiré l’attention, car la véritable grandeur ne se vante pas, elle se montre par les actions. Quelques après l’annonce de son décès, le président Paul Biya a rendu un vibrant hommage à ce baobab du football camerounais et au-delà.
Par : Arlette Ngo Nlend / Afrique Première TV