Tension entre Alger et Paris, enfin l’entretien téléphonique de l’apaisement ?

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Emmanuel Macron et Abdelmadjid Tebboune, lors d’une visite de Macron à Alger.

L’entretien téléphonique entre Macron et Tebboune, lundi 31 mars au soir, a marqué une avancée significative après des mois de désaccords. L’un des principaux points concernait l’ordre de quitter le territoire français, et le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, y était très attentif. Macron prend désormais les choses en main et envoie le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, en Algérie le 6 avril. Il espère que la situation s’améliorera entre les deux pays.

Tebboune a déclaré ne pas vouloir que les choses deviennent trop politiques, et Macron a pris soin de le rassurer en début d’année. La diplomatie est de nouveau sur les rails. Grâce à quelques mesures discrètes, Paris et l’Algérie changent de ton et dépassent leurs disputes publiques grâce à l’implication directe des deux présidents. Depuis le début de l’année, Macron a envoyé ses diplomates en Algérie à trois reprises. Leur mission est de relancer le dialogue et de régler les problèmes, comme l’arrestation et la condamnation à cinq ans de prison de l’écrivain Boualem Sansal, double citoyen français et algérien. L’Algérie ne voulait pas non plus accueillir ses ressortissants renvoyés de France.

La dernière visite, il y a quelques jours, a donné lieu à un appel téléphonique entre les deux présidents lundi soir. Ils ont évoqué la nécessité de repartir de zéro et d’obtenir des résultats concrets. La première étape consiste en une réunion entre les 18 consuls algériens en France et les préfets afin d’améliorer la coopération en matière de migration. Un autre point important est le renforcement de la coopération sécuritaire, notamment en matière de terrorisme en Afrique de l’Ouest. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, se rendra en Algérie ce dimanche, et le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s’y rendra également prochainement.

Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, s’est dit optimiste le 1er avril quant à la possibilité d’un retour de l’écrivain franco-algérien en France et en Algérie, dans le strict respect de l’accord migratoire bilatéral de 1994. Aux termes de cet accord, l’Algérie doit accueillir les ressortissants algériens que la France souhaite expulser. M. Retailleau a tenu ces propos lors d’une réunion publique à Maisons-Alfort, près de Paris.

Au lieu de recourir à la force, comme le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, le président Emmanuel Macron choisit la négociation en coulisses. Cela peut être perçu comme un rejet de l’approche de son ministre. Le succès de cette nouvelle méthode sera jugé à l’aune des résultats en termes de réadmissions, de coopération migratoire et de sécurité. Ce sont autant de sujets importants pour Retailleau, tout comme le cas de Boualem Sansal, pour lequel Macron attend un geste de son homologue algérien. Une grâce témoignerait de la sincérité du dialogue franco-algérien renouvelé.

Par : Ali Habib Camara / Afrique Première TV

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